mercredi 1 février 2017

La spiritualité, la wicca et ma vision des choses

Du lait de soja, assurément. Parce qu'on est en 2017 et que
80% de la population mondiale est intolérante au lactose.
Le lait, ça fait péter. Pas besoin d'être vegan pour savoir ça.

Un titre ambitieux n’est-ce pas ?

Tout d’abord je tiens à remercier les personnes qui me suivent et me lisent encore malgré mes (eh oui) longues périodes d’absence. Je n’ai pas été très active sur le net mais la spiritualité ne m’a pas déserté pour autant, et ne le fera jamais. Simplement, elle a pris une forme à laquelle je ne m’attendais pas. Pour dire ça franchement, j’en ai pris plein la figure. Cela a abouti à des changements nécessaires car ma pratique ne me correspondait plus. Je ne me suis pas perdue en chemin, et je ne suis pas persuadée que la souffrance qui a accompagné cette période était indispensable à mon évolution, mais que voulez-vous, on ne fait que de notre mieux.

Il m’a alors semblé peu pertinent d’écrire des articles de plus en plus sombres alors que la spiritualité est ce qui nous élève vers toujours plus de joie et de paix.  Non pas que la souffrance soit à renier, et non pas que j’en ai honte, mais il y a un point au-delà duquel parler de ses expériences devient inutile. Et il m’apparaissait comme malhonnête d’écrire des articles légers et/ou motivants, quand tout ce qui peuplait ma vie était du chaos.

Ceci étant dit, en ce jour d’Imbolc, période du renouveau, posons les bases de cet Estuaire, délicieux schmilblick cosmique.


La spiritualité

Mettons-nous d’accord sur ce mot, puisque –visiblement- il va revenir assez souvent.

Définition du Larousse :
« Qualité de ce qui est esprit, de ce qui est dégagé de toute matérialité : La spiritualité de l'âme, de la poésie. Ce qui concerne la doctrine ou la vie centrée sur Dieu et les choses spirituelles. »

Cette définition laisse à désirer, mais il faut bien commencer quelque part.
OK, donc cela concerne soit « l’esprit » des choses, soit « ce qui tourne autour de Dieu ». MAIS ! 
ULTRA MEGA GROS PANNEAU QUI CLIGNOTE EN ROUGE !
Nous n’avons pas définit « Dieu »…
Considérons que le « dieu » de cette définition n’est PAS le dieu chrétien, ni même aucun des dieux désignés par aucune religion que ce soit. Considérons s’il vous plait qu’il s’agit du « divin » au sens le plus large possible. Ainsi quand nous parlerons de spiritualité ici, en employant ce mot nous serons neutres et sans dogme. La spiritualité est donc ce que VOUS considérez comme divin (cela peut être la science, ou la nature) (et vous n’êtes pas obligé vénérer ça pour trouver ça divin).
On dira donc (je définis ça de manière tout à fait arbitraire, hein, c’est pour qu’on se comprenne) :
« dieu » sans majuscule = principe divin au sens large du terme
« Dieu » avec majuscule = divinité chrétienne

*Se tape les mains pour en évacuer la poussière*
Bien ! Voilà une bonne chose de faite !

La wicca

Là, c’est plus complexe. Ce qu’en dit Wikipédia est un peu pourri, pour le coup (désolée Wikipédia, tu m’es tellement utile en d’autres occasions). Mais il est intéressant de constater que le mot « wicca » dérive du vieux mot anglais « wiccacraeft » qui est devenu « witchcraft » (sorcellerie). La wicca en tant que culte a été créée par Gerald Gardner dans les années 1900 (oui, c’est assez récent). Il a, pour ce faire, réunit pas mal de croyances anciennes qui auparavant ne se transmettaient que de manière orale, pour en faire un ensemble de croyances plus organisé, et surtout, écrit. Ces croyances étaient donc issues de cultes païens, c’est-à-dire des traditions éparses, polythéistes (avec plusieurs dieux, hé les deux du fond, je vous vois sur vos portables), pratiquées dans les campagnes européennes depuis on ne sait quand. La spiritualité du peuple paysan, si vous voulez. Avec l’arrivée du christianisme comme religion imposée par les dirigeants, un grand nombre de ces pratiques se sont vues reprises et modifiées pour devenir les fêtes religieuses (chrétiennes) que nous connaissons aujourd’hui. La bûche de Noël, le lapin de Pâques, la veillée d’Halloween et la Toussaint, la Chandeleur et ses crêpes, pour ne citer que ça, sont emprunts de symboles absolument païens. Pourquoi fête-t-on Noël le 25 décembre alors que Jésus n’est pas né en décembre ? Parce que dans les campagnes, on avait déjà une grande fête (païenne) à cette période-là, qui n’est autre que Yule (la fête du solstice d’hiver). Il était plus commode de convertir les peuples en se rapprochant des pratiques dont ils avaient déjà l’habitude. Mais je m’égare. Revenons-en à la wicca.
Les sorciers sont des méchants pas beaux

Ces pauvres paysans, qui n’avaient rien demandé, commençaient à bien nous enquiquiner le haricot avec leurs traditions ancestrales. En plus ils avaient tendance à sentir mauvais l’inculture, la débauche et avaient, oserons-nous le dire, un mauvais goût prononcé pour l’alcool. Des suppôts du diable, un peu. La tolérance qui consistait à pimper leurs fêtes sauce chrétienne s’estompa bientôt, et ceux qui continuaient à pratiquer leurs cultes étaient taxés de sorcellerie. Surtout ceux qui s’efforçaient de guérir les autres (parce que, c’est bien connu, il n’y a que Dieu qui guérit, non ?). Ces gens pratiquaient donc la « wiccacraeft » (à prononcer avec frayeur et dégoût). La wicca est donc la religion des sorcières. Mais le mot ne fut employé que bien plus tard, et il est fort peu probable que ces gens l’aient utilisé pour se désigner eux-mêmes.

Aujourd’hui, la wicca a bien changé. Certains diront que c’est la plus ancienne des religions, d’autres dirons qu’elle n’est qu’un ramassis de pensées New Age, et les deux auront partiellement raison. On ne peut parler réellement de « wicca » qu’à partir de Gardner, mais depuis lui, plusieurs courants wiccans sont nés. Il y a un retour aux sources, il est vrai, mais quelles sources ? Des sources historiques ? Pas vraiment. La wicca est avant tout un culte basé sur la nature et le cycle des saisons. Les anciennes traditions des paysans faisaient sens quand il s’agissait de travailler la terre et de souhaiter de bonnes récoltes, mais aujourd’hui, même en vivant à la campagne, le monde des anciennes traditions n’est plus. Le retour aux sources est donc plus un retour à la nature, aux choses qui poussent, mais aussi à notre être véritable.

La Wicca de Gardner a quelque chose d’un peu sectaire, il est vrai. Mais pas plus que les autres religions. D’abord, elle n’est réservée qu’à un cercle d’initiés (d’après Gardner, on ne peut se prétendre wiccan si l’on n’a pas reçu une initiation par un wiccan confirmé, et si l’on n’a pas pratiqué les rites de dévotion à la wicca). On se rassemble en « coven » (groupe de pratiquants) pour pratiquer des rituels bien précis et plutôt élaborés. Le tout est fait plus ou moins en secret (s’ils avaient vraiment voulu se cacher, je ne serais pas là en train de vous en parler. Mais ils n’étaient pas du genre à faire le spectacle). Il y a un côté élitiste là-dedans. Je vous arrête tout de suite : les orgies, sacrifices d’animaux ou d’humains, suicides de groupes et autres horreurs, sont très, très loin de ce que font les wiccans gardnériens.
Je ne suis pas forcément fan de tout ce que Gardner a fait, mais reconnaissons-lui au moins le boulot assez conséquent d’écriture à propos des anciens paganismes.

La wicca de Gardner n’est pas celle que je pratique.

Venons-en donc à la troisième partie de cet article :

Ma vision des choses, et ma pratique

Je suis comme vous. Je vis dans le même monde que vous. Si vous me lisez, c’est que vous avez un ordinateur et que vous parlez français, donc je doute que vous ayez jamais tué des vaches à mains nues pour vous nourrir, ou récolté le blé avec une faux pour le revendre dans le village voisin. Je ne prétends pas descendre d’une lignée de sorcières, je n’ai pas reçu d’initiation ou quoi que ce soit. Et cela me convient très bien. Je ne vais pas vous tracer l’entièreté de mon chemin avec la spiritualité (cela fera peut-être l’objet d’un autre article). Mais disons qu’avant mes 18ans, j’étais assez facilement effarouchée dès qu’un truc m’évoquait de la religion. Réticente, je vous dis. Et puis j’ai découvert la wicca, et pour la première fois de ma vie j’ai eu la sensation qu’une religion avait enfin « tout compris ». C’était évident. C’était « ça ». J’étais d’accord avec tout ce que ça disait. Petit à petit, grâce à la wicca, je me suis réconciliée avec des termes comme « dieu », « foi », « pratique spirituelle » et « recherche du Soi ». Parce que ça me parlait dans un langage que je pouvais comprendre, et que ça donnait tout, sans rien me demander.

Je n’ai jamais fait partie d’un groupe.
Je n’ai donc jamais été forcée à quoi que ce soit.
Je n’ai jamais été obligée de croire à quoi que ce soit, ni de limiter mes idées.
Je peux me dire « wiccane », ou « sorcière », ou bien ne rien dire du tout, personne ne me rejettera si je ne respecte pas les traditions, personne ne fait pression sur moi d’aucune manière.
Je suis libre d’arpenter mon propre chemin.

Je ne me suis pas privée d’explorer toutes les religions que j’ai rencontré, monothéistes ou polythéistes, et je continue à le faire. Elles sont une immense source de sagesse et m’apportent énormément. Je suis particulièrement attirée par les religions hindoues, bien que je baigne depuis toute petite dans une culture chrétienne, et je suis allée faire un tour du côté du taoïsme, du bouddhisme et depuis peu du soufisme. Au final, je suis plus cultivée à propos des grandes religions que des paganismes tels que le druidisme ou les cultes de la Grèce et de la Rome antique. Je touche un peu à tout.

Mais je remarque que, dans ma vie quotidienne, quand il s’agit de pratique religieuse, c’est la wicca qui revient, de manière tout à fait naturelle. Quand j’en ai besoin, ce sont les pratiques wiccanes qui m’aident le plus à entretenir la flamme de ma foi. Et ce depuis environ 5 ans maintenant. Peut-être qu’un jour ça ne sera plus le cas, et je laisserais mon côté sorcière derrière moi comme de beaux souvenirs. Je ne me limite pas à un statut, je suis mon cœur et mes tripes.

Ma vision de la spiritualité a beaucoup évolué en 5 années de passion dévorante. Aujourd’hui, je considère que la spiritualité est la recherche de la vérité. La découverte du Soi, et la dissipation de l’égo. Autant de termes qui mériteraient que j’y consacre des articles entiers. J’ai toujours eu tendance à fuir la violence du monde en me réfugiant dans un monde autre, lunaire, dans mes pensées. La spiritualité est ce qui m’aide aujourd’hui à prendre la vie à bras-le-corps et à apprécier la matière, le concret. Cela m’aide à trouver de la sécurité et de l’amour en moi, là où auparavant il n’y avait qu’un champ de mines. En fait, c’est ce qui me fait vivre. Cela a d’abord été une forme de fuite, évidemment. Puis, petit à petit, cela m’a aidé à mûrir et à traverser la vie avec toujours plus d’aisance et de douceur.

Je sépare de manière très nette la spiritualité du folklore qui l’accompagne. Par folklore, j’entends : les croyances et les traditions que l’égo associe à un culte. Pour moi, toutes les religions sont du folklore. La vérité ne se trouve pas dans les dogmes, mais dans ce que la personne vit, peu importe comment elle y vient. Le folklore est simplement les couleurs que vous préférez peindre sur votre tableau, tandis que la spiritualité EST le tableau.

C’est la raison pour laquelle je ne me battrais pas avec vous pour savoir quelle religion est la plus valable. Cela n’a tout simplement aucun sens pour moi. En fait, cela nous éloigne certainement de la vérité.

Je ne prétends pas détenir LA vérité universelle (et je me fiche bien de savoir si telle vérité existe ou non). Mais j’ai trouvé la mienne, et je tends à l’incarner toujours plus.

Je n’ai rien contre l’égo. J’aime l’égo, et j’aime le folklore, et j’aime les couleurs de la wicca plus que les autres. Mais seul l’égo a des préférences, et au final tout cela importe peu.

J’ai dû en perdre pas mal avec mes dernières phrases, pourtant c’est bien là le vif du sujet. Le reste est bien superficiel (mais super cool).

Cet article est déjà beaucoup trop long. J’ai hâte d’en écrire d’autres.

J’aimerais beaucoup vous entendre, aussi, me parler de votre spiritualité, de votre pratique, de votre chemin. De votre vision des choses.





On discute ?


2 commentaires:

  1. Quand tu dis : "Cela a d’abord été une forme de fuite, évidemment", ça me fait penser à un sérieux problème que j'ai en ce moment.
    Actuellement, je travaille de plus en plus sur mon univers, qui m'a vraiment permis de me développer en tant que personne. Bref, petit bémol, quand je sors d'une séance de "travail" sur Eyriban, mon univers, je passe quelques jours avec une sensation de malaise, comme si mon esprit voulait absolument fuir la réalité.

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    1. Je comprends bien la sensation que tu décris, c'est vraiment ça. Pendant un temps, la tentation est grande quant au fait de se plonger entièrement dans un univers que nous avons la sensation de "créer". Parce qu'on a la sensation d'y être chez nous, et en comparaison le monde "réel" nous semble hostile et hors de notre portée. C'est la raison pour laquelle on nous répète partout que l'ancrage est le point de départ de tout le reste, et qu'on insiste vachement sur le fait qu'il faut bien s'ancrer après un rituel. En fait, on ne doit jamais perdre de vue que la spiritualité, la magie, ou n'importe quelle autre activité dans laquelle on travaille avec des choses intangibles (comme la création artistique en général)... Doit avant tout nous permettre de mieux apprécier notre existence dans le monde. Et non l'inverse. C'est un peu "partir pour mieux revenir", au lieu de "s'échapper dans un endroit préférable, mais qui ne sera jamais le monde dans lequel notre corps se trouve".

      S'ancrer c'est un mot tordu pour expliquer quelque chose de simple et de basique. Mais si tu veux que je développe ça, les choses que j'en ai apprise entre temps, je pourrais le faire dans un article :)

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